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Week-end interreligieux à Rome



Il était temps ! Temps de partager avec vous un article TOURISME et de vous présenter un programme interreligieux pour un séjour à Rome.


Ce programme a été conçu pour un séjour de 4 jours entiers (arrivée la veille et départ le lendemain), et testé durant le mois d'octobre 2023. L'hôtel était situé à quelques mètres de la place Saint Pierre de Rome au Vatican.

PREMIER JOUR : LE COLISEE


Pour nous déplacer nous avons effectué l'achat de cartes de métro afin de faciliter nos déplacements. Le Colosseo est accessible en métro, à 20 min de l'arrêt du Vatican.




Il a fallu 8 années pour construire le Colisée, monument emblématique de Rome. Au premier abord, ce monument est impressionnant, mais on remarque vite des trous sur toute la façade : en effet, le Colisée eut à souffrir de plusieurs tremblements de terre, dont ceux de 443, 508, 801, 847 et surtout celui de 1349 qui provoqua l'effondrement de tout un pan du mur extérieur. Avec l'autorisation du pape, une grande partie des pierres fut alors récupérée pour la construction des palais, églises, hôpitaux et autres bâtiments. Ainsi les façades du palais de Venise et de la basilique Saint-Pierre sont issues du réemploi des blocs de travertin du Colisée. Des ermites chrétiens se sont installés dans les ruines du Colisée, utilisant les espaces disponibles comme lieux de retraite et de prière. Cependant, il ne s'agissait pas d'ordres religieux organisés, mais plutôt d'individus ou de petits groupes cherchant la solitude et la contemplation.

Un lieu de martyr


Le Colisée de Rome a été le lieu de martyres chrétiens au cours du IIe et du IIIe siècle. Souvent accusés de refuser de vénérer les divinités de l'Empire romain et l'empereur lui-même, ils étaient accusés d'acte de trahison envers l'État. Les persécutions se sont intensifiées sous l'empereur Dioclétien (règne de 284 à 305), particulièrement à partir de l'an 303. C'est pendant cette période que certains chrétiens ont été exécutés dans le Colisée.

Le christianisme s'opposait à la violence et à la brutalité associées aux jeux de gladiateurs qui avaient lieu dans le Colisée, qui impliquaient des combats entre des gladiateurs, souvent jusqu'à la mort, ainsi que des affrontements avec des animaux sauvages. Ces événements étaient populaires parmi les romains, et faisaient partie intégrante de la culture de divertissement de l'époque.
Les chrétiens, en revanche, s'opposaient généralement à la violence gratuite et à la perte de vies humaines pour le divertissement. Ils considéraient ces spectacles comme moralement condamnables. En outre, les jeux de gladiateurs étaient souvent liés à des célébrations religieuses païennes, et les chrétiens refusaient de participer à ces rituels idolâtres. En raison de leur refus de participer aux pratiques religieuses et aux événements qui étaient contraires à leurs convictions, les chrétiens étaient parfois persécutés et envoyés dans l'arène du Colisée pour être exécutés en tant que gladiateurs ou comme victimes d'animaux sauvages. Ils étaient souvent contraints de choisir entre renoncer à leur foi ou faire face à une mort violente.

Cependant, avec la conversion de l'empereur Constantin au christianisme au début du IVe siècle, la persécution des chrétiens a progressivement diminué, le christianisme devenant une religion légalement reconnue dans l'Empire romain. Le Colisée a continué à être utilisé pour des spectacles divers, mais les persécutions religieuses à grande échelle ont diminué après cette période. En 1749, le Pape Benoît XIV décida que la politique officielle de l'Église serait de faire du Colisée le lieu sacré où les premiers chrétiens ont été martyrisés. Il interdit l'utilisation du Colisée comme carrière, et consacra l'édifice à la Passion du Christ. Il fit installer un chemin de croix, le déclarant sanctifié par le sang des martyrs chrétiens qui y périrent. Depuis, chaque année, le Vendredi Saint, le pape dirige la procession du Chemin de Croix (Via Crucis) au Colisée.

Il faut compter une matinée entière de visite car il s'agit d'un parcours Forum, Mont Palatin et Colisée. Nous vous conseillons de prendre une visite avec un Guide : cela permet de ne pas attendre très longtemps et d'avoir des explications pendant la visite. C'est d'ailleurs durant ce parcours que nous avons pu nous arrêter auprès de l'arc de Titus. Ce sont les deux dernières photos de l'illustration postée.


L'arc de Titus est un arc de triomphe romain érigé à Rome par l’empereur Domitien en 81 ap. J.-C. pour célébrer les victoires de son frère Titus durant la guerre de Judée entre 66 et 73 ap. J.-C. Il constitue un arrêt important dans le cadre d'une visite interreligieuse de Rome puisqu'il s'agit de la seule trace au monde du Candélabre du Temple de Jérusalem. En effet, sur le pilier sud, le bas-relief montre des soldats portant les objets de valeur pris dans le Tabernacle du Second Temple de Jérusalem avant sa destruction. A côté du chandelier à sept branches, on reconnait la « table des pains de proposition » (une table en bois recouvert d’or où sont placés douze pains saints renouvelés tous les sept jours et que seuls les sacrificateurs peuvent manger) et les trompettes sacrées.

DEUXIEME JOUR : LE VATICAN


Notre hôtel étant juste à côté de la place Saint Pierre nous nous sommes déplacés à pied, mais il y a un arrêt de métro pour aller au Vatican : Ottaviano. Nous avions là aussi une visite en groupe, et nous vous conseillons fortement de réserver votre visite. Il y a un monde fou toute la journée, et les files d'attente pour le musée ou la basilique sont très longues. Lorsqu'on passe avec un guide, ils ont leurs entrées et nous n'attendons pas.




La visite a débuté par le musée du Vatican, qui abrite des œuvres d'art et des peintures toutes plus époustouflantes les unes que les autres. Vous pourrez voir de vos propres yeux des tableaux religieux peints par Raphael, Raphaël ( Le Couronnement de la Vierge, La Transfiguration ... ) par Leonard de Vinci, ou même Bellini, et des œuvres d'artistes plus modernes comme Rodin, Van Gogh, Gauguin, Dali, Picasso ... Il y en a du sol au plafond, sur tous les murs. C'est très impressionnant. Nous vous conseillons également le Musée Pio Cristiano, fondé par le Pape Pie XI en 1854, qui abrite des collections d'antiquités chrétiennes.

Puis, nous sommes descendus dans la Chapelle Sixtine : les photos sont interdites mais on en trouve un peu partout sur les réseaux sociaux. Par principe, nous avons respecté et donc nous ne pouvons pas partager avec vous ce que nous avons vu. La Chapelle Sixtine est la chapelle principale du palais du Vatican, ainsi que l'un des trésors culturels et artistiques les plus célèbres de la Cité. C'est, là aussi, vertigineux. Son célèbre plafond a été réalisé par le peintre Michel-Ange en 4 ans. Il représente des scènes de la Genèse qu'il est amusant de retrouver : la Création d'Adam et Ève, le péché originel, l'expulsion du paradis, Noé, Abraham, la vie de Moïse sur tout un mur, et celle de Jésus sur l'autre ... On peut y voir la paroi du Jugement Dernier, c'est donc un endroit où l'on peut rester des heures à tout admirer tant il y a de détails. Nous sommes très sensibles à l'art donc nous avons fortement apprécié l'endroit. Elle tire son nom du Pape Sixte IV della Rovere, le pape de l'époque de sa construction (1475).


Et enfin, nous avons visité la basilique Saint Pierre de Rome. C'est l'édifice religieux le plus important du catholicisme, sa construction a débuté en 1506 et s'est achevée en 1626. Avec une superficie de 2,3 ha et une capacité d'accueil de plus de 60 000 personnes, elle est l'église catholique la plus grande au monde, et effectivement, on se sent minuscule à l'intérieur. Le dôme s'élève à une hauteur totale de 136,57 mètres ! Il y a, là aussi, énormément d'œuvres à contempler, mais aussi, de par son importance, on peut admirer les tenues diverses des groupes religieux venus admirer l'édifice et s'y recueillir. D'ailleurs, on voit vraiment toutes les nationalités et toutes les religions se côtoyer pour visiter le Vatican. La basilique Saint-Pierre contient plus d'une centaine de tombes, dont de nombreuses dans les grottes vaticanes, situées sous la basilique. Ces tombes sont celles de 148 papes, mais aussi de personnalités. L'enterrement le plus récent est celui du pape Benoît XVI le 5 janvier 2023.


Collées derrière les colonnes qui entourent la place Saint Pierre, nous vous conseillons d'entrer dans les boutiques ecclésiastiques afin d'observer les tenues liturgiques en vente : tenues de prêtres, d'évêques, objets liturgiques ... Nous n'avions jamais vu cela de si près. Il y a même des petites tenues de baptême pour ceux qui prévoient de baptiser leur bébé !

Le musée du Vatican se visite du lundi au samedi de 9h à 16h, et la Basilique se visite tous les jours de 7h à 18h. On peut voir le Pape à son balcon le mercredi matin s'il est à Rome, ce qui en fait une journée avec énormément de monde. Prévoir de bonnes chaussures de marche, car mine de rien, on piétine et on marche énormément. De plus, ne sont pas admis les bras découverts et/ou décolletés, shorts, mini-jupes et chapeaux. Les tenues sont inspectées au moment du portique de sécurité.


TROISIEME JOUR : PANTHEON, SYNAGOGUE ET MUSEE JUIF DE ROME


Nous avons pris le bus pour aller au Panthéon, puisqu'il fallait chercher nos billets dans un office de tourisme non loin, Piazza Navona.



À l’origine, le Panthéon est un temple dédié à toutes les divinités de la religion antique. Il est converti en église au VIIe siècle par le pape Boniface IV et devient la basilique de la Sainte Vierge aux Martyrs (Santa Maria ad Martyres). Aujourd’hui le Panthéon est donc une basilique consacrée à la religion catholique avec le nom de et on y célèbre donc le cérémonies religieuses catholiques comme dans n’importe quelle autre église. Elle fut consacrée au culte catholique le 13 mai 609.On n'y trouve donc plus aucune trace de la mythologie romaine, excepté l’obélisque qui se dresse depuis 1711 sur la fontaine et qui vient de l'emplacement de l'antique temple d'Isis sur le Champ de Mars. La particularité du Panthéon reste sa forme (rotonde), et la hauteur de sa coupole : plus de 43 m ! La coupole est en revanche percée d'un « oculus » (ouverture circulaire - trou) : une légende romaine raconte que le célèbre oculus est en fait la trace du trou créé par le diable en fuite du temple, lorsque ce dernier fut consacré à la religion. Autre curiosité, pour qu’il ne pleuve pas à l’intérieur du Panthéon même si l’oculus a un diamètre de 9 mètres, se créé un courant croissant d’air dans la coupole qui dématérialise les gouttes d’eau de pluie. Le sol du monument à l’intérieur reste donc sec même quand à l’extérieur il pleut des cordes!

Le Panthéon se visite du lundi au samedi de 9h à 19h15, le dimanche de 9h à 17h45, et les jours fériés de 9h à 12h45. Attention, il est fermé lorsqu'il y a des offices religieux. 5€ l'entrée, audioguides disponibles.




Puis, direction le quartier juif de Rome, à pied, avec ses restaurants casher et son musée, accolé à la synagogue. Nous avons eu énormément de chance puisqu'il y avait un mariage ce jour là et nous avons pu nous intégrer à une visite en anglais, sinon, nous n'aurions pas pu entrer dans la synagogue.


La Grande Synagogue de Rome (Tempio Maggiore di Roma) est la plus grande synagogue de la ville de Rome (qui en abrite 15), et elle fut construite en 1901. Le 13 avril 1986, le Pape Jean-Paul II fit une visite à la Grande Synagogue et pria avec le Rabbin Elio Toaff, l'ancien grand-rabbin de Rome. C'était la première visite d'un Pape dans une synagogue depuis les premiers siècles de l'Église catholique romaine ce qui envoya un message très fort dans le dialogue interreligieux et les relations entre les juifs et les catholiques. Cette magnifique synagogue (trois premières photos) est de style assyro-babylonien et couverte de travertin, avec une base carrée couverte d’une grande coupole de 46m de haut. Elle porte en façade des symboles juifs tels que ceux du chandelier à sept branches, les Tables de la Loi, l’étoile de David ... Cette synagogue a hélas connu un évènement tragique : une attaque le 9 octobre 1982 a blessé 37 civil et tué un enfant de deux ans. La dernière photo postée plus haut représente un livre criblé de balles.

Le musée juif de Rome présente à la fois des informations sur la présence juive à Rome depuis le IIe siècle av. J.-C. jusqu'à nos jours, et une grande collection d'œuvres d'art, d'objets liés au culte juif. Il date de 1960 mais sa forme actuelle date de 2005. Le musée se décompose en plusieurs parties et celles qui ont suscité beaucoup d'intérêt de notre part sont celles sur le Ghetto, et celle sur le fascisme.

Il faut savoir Rome est la seule ville en Europe à n'avoir jamais expulsé les juifs. Cela ne signifie pas qu'ils ont été toujours bien traités, puisque leurs livres saints étaient brulés, le Pape Paul IV publia une bulle en 1555, Cum nimis absurdum (comme il est absurde), dans laquelle il impose des restrictions religieuses et économiques aux Juifs et crée le ghetto, qui continue d'exister jusqu'en 1870. Et, en 1938, Benito Mussolini et le roi Victor-Emmanuel III, sous l'influence d'Adolf Hitler, signent les lois connues sous le nom de défense de la Race, qui suppriment tous les droits civils des juifs en Italie et les forcent à quitter les postes gouvernementaux. Par la suite, les juifs sont davantage persécutés, les magasins étant attaqués et certains contraints au travail forcé. En 1943, une rafle est organisée et 1022 personnes personnes sont déportées dans des camps de concentration, dont survivent seulement 16 personnes.

Le musée abrite des archives, des journaux, des témoignages, des photographies, des lettres, des documents officiels, des tenues liturgiques, des objets du culte. Un audioguide est disponible pour suivre la visite dans la langue de notre choix. Visites possibles du dimanche au vendredi, de 9h30 à 16h00, 11€ par personne.


QUATRIEME JOUR : GRANDE MOSQUEE DE ROME


De notre hôtel à la grande mosquée, il faut prendre le taxi, car elle n'est pas accessible en métro. Un train peut y conduire (station Campi Sportivi)





Cette mosquée est la plus grande d'Europe : plus de 30 000 m² de terrain. L'inauguration de la grande mosquée (Moschea di Roma) a eu lieu le 21 juin 1995, par un don des terrains par la ville de Rome à la communauté musulmane en 1974. La salle de prière peut accueillir 12 000 fidèles mais ils sont parfois jusqu’à 40 000 à s’y réunir pour des grandes célébrations comme la Fête de l’Aïd. Elle est aussi le siège du Centre Culturel Islamique et abrite une bibliothèque, une école de langue arabe, un centre de congrès. Cet immense bâtiment a été construit par trois architectes italiens : architectes Paolo Portoghesi, Vittorio Gigliotti et Sami Mousawi qui ont dessiné les plans de la mosquée.

Le minaret de la Grande mosquée de Rome est haut de 43 mètres.

Visites les mercredis et samedis matins de 9h à 12h, sans rendez-vous et gratuitement. Attention, visites non effectuées durant le mois de Ramadhan. Prévoir une tenue correcte et anticiper le fait qu'il faut se déchausser à l'entrée.



 

Première fois en Italie pour nous et gros coup de cœur. Nous quittions l'ambiance anxiogène de la France et la montée des actes islamophobes et antisémites, et nous avons vraiment eu le sentiment de souffler. Nous n'avons rencontré que des personnes très accueillantes dans les lieux de culte, nous avons également fait l'expérience de manger dans un restaurant casher et pu discuter avec des personnes juives de là-bas, nous avons également rencontré des restaurateurs musulmans, nous avons pu nous promener dans les rues sans ressentir ce que nous ressentons parfois en France. Les groupes étaient tous très sympathiques, les guides également, très prévenants et bienveillants. Nous sentons que nous sommes dans un pays religieux, avec une présence visible partout, à tous les coins de rue. Les sœurs portent le voile et de ce fait, le mien n'a pas fait tâche dans la rue. C'était vraiment apaisant et Rome a tant à offrir qu'il faudra revenir !







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