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UMM RUMAN, LA MERE CONFIANTE



Umm Rûmân, Zaynab de son prénom, est la femme d’Abu Bakr, belle mère du Prophète ﷺ donc puisque c’est la mère d’Aicha.


Comment réagiriez-vous si votre seule fille était accusée d’être une jeune femme de basse valeur, et que tout le village propageait la rumeur ?


La mère d’Aicha a fait confiance à son enfant.


Avant de partir sur le comportement de la mère d’Aicha, revenons sur le contexte.


Dans la sourate 24, on lit : 11 Ceux qui sont venus avec la calomnie sont un groupe d'entre vous. Ne pensez pas que c'est un mal pour vous, mais plutôt, c'est un bien pour vous. A chacun d'eux ce qu'il s'est acquis comme péché. Celui d'entre eux qui s'est chargé de la plus grande part aura un énorme châtiment. 12 Pourquoi, lorsque vous l'avez entendue [cette calomnie], les croyants et les croyantes n'ont-ils pas, en eux-mêmes, conjecturé favorablement, et n'ont-ils pas dit: « C'est une calomnie évidente ? »


Le récit de la calomnie a été rapporté dans les exégèses et les Sahihs : Aicha partit en expédition avec Muhammad ﷺ, et on la fit installer dans un palanquin. Alors qu’elle se leva la nuit pour aller satisfaire un besoin en dépassant le lieu du campement, elle s’aperçut en revenant vers le campement qu’elle avait fait tomber son collie. Elle rebroussa chemin et fut retenue sur place pour le retrouver.


Les hommes qui étaient chargés de la monture d’Aicha portèrent le palanquin et le mirent sur le chameau croyant qu’elle était dedans. Quand elle trouva son collier, en revenant au lieu du campement, il n’y avait personne, elle décida de rester là où elle était pensant qu’on reviendrait la chercher en s’apercevant de son absence.


Elle s’endormit. Safwan Ben Mou'attal As-Soulami puis Az-Zakwani, qui occupait l’arrière de la troupe, arriva le matin, la fit monter sur sa monture et ils rejoignèrent ainsi la troupe qui faisait la sieste au temps de la canicule du midi.


En remarquant le changement de comportement d’abord de son époux le Prophète, puis des gens dans la ville, Aicha partit voir sa mère.


Quand la mère de Aicha avait entendu la nature de l'accusation, elle s'évanouit tant ce qui se disait était terrifiant.


Au cours de cette épreuve humiliante et honteuse, Umm Ruman se révéla avec le rôle de la mère sensible et tendre, celui de la belle-mère noble et bien élevée qui connaît les droits et comprend la signification des devoirs, mais aussi celui d'épouse qui compatit à la douleur de son époux. Elle réussit à se comporter avec sagesse tout au long de cette épreuve qui tourmenta les nuits de l'ensemble de la famille de Abu Bakr.


Au début elle cacha à sa fille Aicha, l'histoire calomnieuse qui se racontait à son sujet.


Lorsqu’Aicha demanda à sa mère : « que disent les gens » ? Sa mère répondit : « ô ma tendre fille ne te préoccupe pas de cela point par Allah ! Peu de femmes pures, auprès d'un mari aimant et avec des co-épouses, sont épargnées ».


Aicha a pleuré toute la nuit jusqu’à ne plus avoir de larmes et n' a pas dormi. Pendant un mois Umm Ruman resta ainsi entre inquiétude et peur alors que la calomnie s'était aggravée.


Un jour le Messager de Dieu ﷺ entra dans la maison de Abu Bakr, les salua et s'assit. Il ne s'était pas assit là-bas depuis ce qui se disait sur Aicha . Et un mois s'écoula sans qu'il ne reçoive de révélations sur cette affaire.


Le Messager de Dieu ﷺ déclara : « Aicha, il m'est parvenu telle et telle chose à ton sujet. Si tu es innocente Allah t’innocentera. Si tu as commis un péché, alors implore le pardon de Dieu et repends-toi auprès de lui. »


C’est alors qu’Aicha qui pleurait tant demanda à ses parents de parler pour elle. La Révélation divine arriva à ce moment précis, par les versets cités précédemment.


En dehors de la force et l'honneur d'être directement innocenté par Dieu Lui-même, il est inspirant dans cette histoire de voir la réaction de la mère de Aicha, qui ne s’est pas préoccupée de ce qu’on dit les autres personnes mais qui a gardé confiance en sa fille, qui est restée patiente, et qui a été l’épaule sur laquelle sa fille a pu se reposer pour traverser cette douloureuse épreuve.



Sources :


(Ces femmes promises au Paradis écrit par Ahmad Khalil Jam’ah page 120 ; extrait d’un hadith de Aicha, rapporté par Bukhari dans son sahih 6127 ; exégèse de la sourate An Nur sur les versets 11 à 20 de Ibn Kathir et d’Al Qurtubi)

© 2021 Barbara Moullan