TOURISME : UN PETIT TOUR A SAINT-MAXIMIN

Bonjour à tous,

As salam aleykoum,


Les bretons sont très chauvins et nous sommes très fiers de la beauté de notre région. Mais, il faut rendre à César ce qui est à César (expression biblique, Marc 12,17, Matthieu 22,21, Luc 20,25) et reconnaître que la France a beaucoup à offrir en matière de patrimoine et de lieux exceptionnels.

Dans cet article consacré au tourisme, j'avais envie de revenir avec vous sur quelques visites effectuées dans le Var (quelques unes en repérage pour le Tour de France des lieux de culte qui débutera dans un mois, in sha Allah).


Je débute ici avec SAINT MAXIMIN


Saint-Maximin-la-Sainte-Baume a été, après Saint-Jacques de Compostelle, le premier pèlerinage de l'Europe chrétienne. Celui de Saint-Maximin est organisé autour des reliques de sainte Marie-Madeleine.


La tradition provençale (surtout d'après la légende dorée) fait débarquer Marie-Madeleine aux Saintes-Maries-de-la-Mer vers l'an 45 en compagnie de Lazare, Marthe, Maximin, Marie-Jacobé et Marie-Salomé. Après 30 ans de pénitence dans la grotte voisine de la Sainte-Baume, Marie-Madeleine est enterrée à Saint-Maximin. La basilique contient des reliques et des tombeaux.




La basilique fait 73m de long, 43m de large et 29m de haut. Il s'agit du plus vaste édifice gothique (style d'art) de Provence. Elle est considérée comme le troisième tombeau de la chrétienté, après celui de Jésus, au Saint-Sépulcre à Jérusalem, et celui de Saint-Pierre, à Rome.


Marie-Madeleine est décrite comme une femme des Evangiles. En 591, le pape Grégoire le Grand dit que, dans le récit, Marie la pécheresse parfumeuse de Jésus, Marie de Béthanie soeur de Marthe et de Lazare, et Marie de Magdala présente au pied de la Croix et première annonciatrice de la résurrection du Christ sont une seule et même personne : Marie-Madeleine. Les orthodoxes de l'Eglise d'Orient eux, ne sont pas d'accord et disent qu'il s'agit de trois femmes différentes.


L'histoire biblique est une disciple de Jésus qui le suit jusqu'à ses derniers jours, assiste à sa Résurrection et qui a donné naissance à une importante figure du christianisme.

Elle est citée au moins douze fois dans les quatre Évangiles canoniques, plus que la plupart des apôtres[1]. L'Évangile selon Jean, écrit au plus tôt vers 80[2], en fait la première personne à avoir vu Jésus après sa Résurrection, chargée d'avertir les apôtres.


En 1279, le comte de Provence, Charles II d'Anjou, neveu du très catholique roi français Saint-Louis (Louis IX), découvre la légende dorée, écrite entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gènes) et l'histoire provençale de Marie-Madeleine qui y figure. Il avait déjà en tête de créer en Provence un centre de fidélité à la dynastie angevine, tout en supplantant le pèlerinage de Vézelay qui se vantait de posséder ainsi les reliques de Marie-Madeleine.


Il réalisa des fouilles qui aboutirent à la découverte à Saint-Maximin des reliques de Marie-Madeleine, dans une crypte enfouie sous le petit prieuré bénédictin dédié à la sainte. Il était courant, entre le VIIIe et le Xe siècle, de cacher ainsi des reliques afin de les protéger des invasions de toutes sortes, et dans le cas provençal, des attaques sarrasines.


Le comte décida donc de la construction simultanée de la basilique, et d'un couvent où il y installa une communauté dominicaine (l'ordre religieux du rédacteur de la légende dorée).


A partir de ce moment, les puissants d'Europe viennent prier la sainte, jusqu'à Louis XIV, qui est d'ailleurs le dernier visiteur royal !


Mais la réforme protestante arrive, et les protestants sont contre le culte des saints, et contre les récits "non-historiques" : ils contestent l'identité provençale de Marie-Madeleine, et plus largement des récits de la légende dorée.


Déjà en 1562, le concile de Trente avait condamné certaines exagérations du culte des saints et de leurs reliques, et Marie-Madeleine redevenait la pénitente des Evangiles, rôle moins attractif que celui d'avoir évangélisé toute la Provence. La basilique perdit de son prestige.


Durant la période de la Déchristianisation, deux députés (Barras et Fréron) pillent les trésors de la basilique et jettent les reliques. Le jeune frère de Napoléon, Lucien Bonaparte, qui séjourne alors au village et va épouser une Maximinoise (habitante de Saint-Maximin), protège les ordres en faisant jouer La Marseillaise ! La basilique est vendue 100 francs à une veuve, et le couvent est vidé de ses moines.


En 1834, Prosper Mérimé, premier inspecteur des Monuments historiques, s'enthousiasme pour le style gothique du bâtiment et écrit à son sujet "qu'il n'y a pas une église en France qui soit plus digne de recevoir des objets d'art."


En 1850, Lacordaire découvre à son tour "ce grand vaisseau échoué" au milieu de la petite cité et rachète le bâtiment aux dominicains.


Aujourd'hui, elle est considérée comme le troisième tombeau de la chrétienté et amène beaucoup de visiteurs (jusqu'à 150 000 visiteurs par an).







En 2021, le journal Var-Matin écrivait un article titré : le visage de Marie-Madeleine reconstitué à partir du crâne supposé lui appartenir découvert dans la Basilique de Saint-Maximin. Une mèche de ses cheveux a également été analysé et il apparaît que la terre de la grotte de Saint-Maximin n'est pas la même que celle sur la mèche. En revanche, Marie-Madeleine était certainement blonde vénitienne. Voici la photographie.


Peut-être avez vous déjà lu le roman du Da Vinci code, écrit par Dan Brown, ou vu le film du même nom. Dans le roman, Robert Langdon voyage à Paris dans le cadre d'une affaire de meurtre. Un conservateur du Louvre, Jacques Saunière, a été assassiné. Saunière était à la tête du Prieuré de Sion, une confrérie en lien avec les chevaliers, les croisades etc... Sans spoiler l'histoire, une partie de l'intrigue met l'accent sur une théorie : le conservateur avait connaissance d'un secret très important : Jésus aurait eu un enfant avec Marie-Madeleine. Une théorie qui, d'après le roman, est directement liée à Léonard de Vinci qui a distillé dans ses oeuvres des indices sur la relation entre Jésus et Marie-Madeleine.


Vous le savez, on parle d'Evangiles canoniques : les Evangiles reconnus par l'Eglise, officiels (Matthieu, Marc, Luc et Jean), qu'on trouve dans la Bible, dans la partie Nouveau Testament,


et puis on parle d'Evangiles apocryphes. Ce sont des Evangiles qui ne sont pas reconnus officiellement. Soit parce qu'ils sont suspects (mal datés comme celui de Barnabé avec des anachronismes grossiers), soit parce que l'authenticité n'est pas établie, etc...


Il existe plusieurs apocryphes. Un, intitulé l'Evangile de Marie, publié sous les éditions la Pléiade, offre un dialogue entre Pierre et Marie-Madeleine. Pierre lui demande de fournir des enseignements que Jésus n'a pas encore donnés. Alors qu'elle apporte des informations, Pierre s'énerve pour des raisons machistes. Comment une femme pourrait en savoir plus qu'eux ? Levi dit alors à Pierre que Jésus a aimé Marie-Madeleine plus qu'eux, et que si Jésus a rendu digne Marie-Madeleine, personne n'a à la rejeter.


Dans l'Evangile de Philippe, on lit "Et le Sauveur avait pour compagne Marie Madeleine. Elle était la préférée du Christ, qui l’embrassait souvent sur la bouche. Les autres apôtres en étaient offensés et ils exprimaient souvent leur désaccord. Ils disaient à Jésus: "Pourquoi l’aimes-tu plus que nous?". Or, cela est faux !


En réalité, le passage en question est mal conservé et comporte plusieurs parties manquantes. Dans l’unique manuscrit copte, le codex II de Nag Hammadi, ce passage figure du bas de la page 63, ligne 30, au haut de la page 64, ligne 9. Si on le traduit dans sa totalité et de manière précise, on lit en réalité ceci (les parties manquantes et reconstituées sont placées entre crochets) : " Quant à la Sagesse qui est appelée "la stérile", elle est la mère [des an] ges. Et la compagne du S [auveur est Ma] rie la Mag [da] léenne. Il l’ [aimait] davantage que [tous] les disciples et il l’embrassait sur sa […de nombreuses] fois. Les autres [disciples…] Ils lui dirent: "Pourquoi l’aimes-tu plus que nous tous? " Le Sauveur répondit : « Pourquoi est-ce que je ne vous aime pas comme elle? Quand un aveugle et un homme qui voit sont ensemble dans l’obscurité, ils ne sont pas différents l’un de l’autre. Quand la lumière vient, alors celui qui voit va voir la lumière et celui qui est aveugle va rester dans l’obscurité."


Il n'en fallut pas beaucoup plus pour que cette thèse sensationnelle, bouleversante même pour le dogme (célibat de la hiérarchie ecclésiastique, descendance de Jésus) soit reprise. Encore maintenant, le fameux "Evangile perdu", support de recherche d'un professeur d'études religieuses (Barrie Wilson) et d'un écrivain (Sacha Jacobovic) a fait sensation : ils présentent leur ouvrage comme la traduction d'un manuscrit vieux de 1500 ans, écrit en araméen, dans lequel il est écrit que Jésus était marié avec Marie-Madeleine, et qu'ils ont eu deux enfants.


Dans le roman Da Vinci Code, Marie-Madeleine était enceinte pendant la crucifixion de Jésus, et lorsqu'elle a debarqué en France, en Provence, elle aurait mis au monde une fille, Sarah, qui a pu rejoindre la dynastie des Mérovingiens, première dynastie des rois Francs (Mérovée, Dagobert ...)





INFOS UTILES


6 pl Jean Salusse, 83470 Saint Maximin la Sainte Baume

Visite gratuite.

Attention, accès difficile le mercredi car il y a le marché.

Ouvert tous les jours de 8h00 à 19h00