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Rentrée : a-t-on à s’inquiéter ?

Dernière mise à jour : 27 août 2023

Ce jeudi 24 août, le nouveau ministre de l'Éducation, Gabriel Attal, a demandé devant les recteurs que l'école soit « ferme » face aux atteintes à la laïcité, telles que les tenues religieuses, appelant son auditoire à « faire bloc ».

Le 16 août dernier, le décret n° 2023-782 du 16 août 2023 relatif au respect des principes de la République et à la protection des élèves dans les établissements scolaires relevant du ministre chargé de l'éducation nationale a été adopté, à la base pour lutter contre le harcèlement scolaire, mais précise également la procédure disciplinaire applicable aux élèves pour les faits portant une atteinte aux valeurs de la République ou au principe de laïcité.

Pour de tels faits, le chef d'établissement est tenu d'engager une procédure disciplinaire. La sanction relève du seul pouvoir disciplinaire du chef d'établissement. S'il estime que la sérénité du conseil de discipline n'est pas assurée ou que l'ordre et la sécurité dans l'établissement seraient compromis, le chef d'établissement peut saisir le conseil de discipline départemental.


Cette rentrée sera donc sous le signe des sanctions disciplinaires en cas de port d’un vêtement jugé religieux par le personnel pédagogique d’un établissement.

Mais, ce qui inquiète d’autres parents, sont les propos de l’ex ministre Pap Ndiaye sur les programmes scolaires et l’éducation à la sexualité. Doit-on s’inquiéter de cela aussi ?

Depuis la loi du 4 juillet 2001, trois séances d’éducation à la sexualité (au moins) par an sont obligatoires, du CP jusqu’à la terminale. Peut-être avez-vous, vous-même, des souvenirs de ces ateliers dans lesquels on abordait la contraception, ou bien les risques liés aux MST.
En janvier dernier, lors de son audition auprès de la délégation des droits des enfants de l’Assemblée nationale, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, le reconnaissait : seuls 10 % des élèves ont pu suivre des séances en 2021-2022. « Face à ce constat, j'ai réuni un groupe de travail pour identifier les freins et proposer des aménagements pour la tenue effective des séances », a écrit Pap Ndiaye en juin 2023. Il a saisi le Conseil supérieur des programmes (CSP) pour élaborer une proposition de programme pour chaque niveau.

Pour beaucoup de parents, l'éducation à la sexualité reste encore taboue, et certains ont confié à ILETAIT1FOI leurs craintes :

« je n’ai pas envie qu’on utilise des mots que je n’emploie pas moi-même »

« je préfère décider du moment que je juge opportun pour parler de ce sujet avec mon enfant »

« je ne me retrouve pas dans les valeurs dites « woke » et j’ai peur que ce soit cette orientation qui soit choisie pour ces ateliers. »

« chez nous, on ne parle pas vraiment de cela, j’ai peur que ça mette des choses dans la tête de mon enfant ».


Interrogée sur le sujet, l’auteur et infirmière de L’éducation à la sexualité. Respect, égalité, altérité (In Press, 2021) Veronique Baranska assure : « la sexualité ne se résume pas aux rapports sexuels, et on n’aborde jamais l’intimité des jeunes lors des séances collectives ! »

Les objectifs sont multiples : prévenir les stéréotypes de genre, aborder la notion de consentement, permettre de verbaliser ses émotions, connaître des éléments de droit et de loi, respecter l’autre, connaître son identité, être bien dans son corps, lutter contre toute forme de discrimination…

- UNE PLAINTE CONTRE L’ETAT


Trois associations : SOS homophobie, Sidaction et le Planning familial, ont annoncé le 1er mars 2023 attaquer l'État devant la justice administrative. L'objectif est de le contraindre à appliquer la loi de 2001 sur l'éducation à la sexualité. Interrogée, Florence Thune, directrice générale de Sidaction, indique « il s'agit de porter plainte contre l'inaction de l'État depuis 20 ans en matière d'éducation à la sexualité ». Si les associations sonnent l'alarme chaque année, c'est parce qu'elles remarquent les conséquences du manque d'éducation dans leurs domaines respectifs.

En ce qui la concerne, elle rajoute : « selon le sondage de l'IFOP, 23% des 15-24 ans estiment être mal informés sur le VIH/sida, contre seulement 11% en 2009 ». Une augmentation jugée alarmante. De plus, « les jeunes générations sont les plus touchées par le sexisme », pointe le rapport 2023 du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes sur l'état du sexisme en France. Pour Florence Thune, « tous ces sujets s'imbriquent : consentement, respect de l'autre, lutte contre l'homophobie et le harcèlement… ».

- DES CRENEAUX DEDIES ET DES PERSONNES FORMEES


Quelle réponse a alors été faite par l’Etat ?

Tout abord, il a été mentionné le fait de devoir réserver des créneaux. Avec un programme scolaire à boucler, les professeurs manquent de temps pour inclure trois séances annuelles de cours d’éducation à la sexualité.
Puis, Pap Ndiaye a annoncé qu’à partir de cette rentrée scolaire, le personnel éducatif sera formé à l’éducation à la sexualité afin de pouvoir intervenir en classe, mais toujours en binôme : une personne face aux élèves et une autre en retrait, qui peut notamment voir si un élève pourrait avoir besoin d’aide.

- LE RISQUE D'UNE EXPOSITION A DU CONTENU SEXUEL


Près de deux tiers des jeunes de moins de 15 ans se sont déjà retrouvés face à des images pornographiques. Pour protéger les plus jeunes, 4 sénatrices ( Annick Billon (UDI), Laurence Cohen (PCF), Laurence Rossignol (PS) et Alexandra Borchio Fontimp (LR) ) ont rédigé à la rentrée dernière un rapport qui dénonce les violences et l'exploitation dans le domaine du porno et qui vise à améliorer l'éducation sexuelle dans les écoles.

Dans ce rapport, les sénatrices soulignaient l'importance d'informer les parents d'élèves de la démarche. L'idée est de les aviser « systématiquement » du programme à la rentrée et de leur fournir des documents de sensibilisation sur les interventions menées avec des collectivités ou des associations.

Cela a pour but de rassurer et d’impliquer les familles, puisque souvent ces images sont vues sur le téléphone portable ou bien l’ordinateur familial, mais également de répondre à des fake news qui ont la peau dure, depuis 2014 pour certaines d’entre elles.

La première mentionnait que la masturbation allait être enseignée aux enfants en maternelle. Rappelez vous, un collectif nommé Journée de retrait de l'école (JRE), qui entendait protéger « la pudeur et l'intégrité de nos enfants » en les retirant de l'école une journée par mois, sans prévenir l'établissement, avait agit ainsi contre le programme ABCD de l'égalité des ministères des Droits des femmes et de l'Education nationale, en test dans 10 académies et qui visait les jeunes de 3 à 15 ans. Il n’était pas question d’aborder la sexualité dans les modules du programme ABCD.

En revanche, à l’époque, le collectif avait peur de l’enseignement de la théorie du genre. S’il n’en était pas question au moment du test du programme, aujourd’hui il apparait effectivement dans un des modules du champ psycho-émotionnel qui couvre les éléments suivants : estime de soi, confiance en soi ; relation aux autres ; émotions et sentiments ; orientation sexuelle ; identité de genre ; compétences psychosociales, ainsi que dans le champ juridique et social qui couvre les éléments suivants : rôles sexués et stéréotypes ; développement de l’esprit d’analyse face aux facteurs socio-environnementaux (milieu familial, culturel, sociétal) : égalité filles - garçons, discriminations, sexisme, LGBT+phobies, harcèlement ; liberté et responsabilité face aux choix personnels, notion de consentement ; éducation aux médias et à l’information [pornographie, publicité, internet et réseaux sociaux, cyberharcèlement] ; lois écrites [code civil et code pénal] ; valeurs et normes ; prévention des violences sexuelles et sexistes.

Pour aller plus loin sur ce sujet, le portail Education à la sexualité sur le site Eduscol recense les outils utilisés pour cette politique, ainsi que les textes officiels utilisés comme support. Vous pouvez donc suivre de très près ce qui sera enseigné prochainement.

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