ISLAM : COMMENT AGIR LORS DES OBSEQUES DE NON-MUSULMANS ?



Voici les informations que j’ai trouvées quant aux obsèques de la famille non musulmane.

Je les ai tirées de deux livres :

- Cheikh Muhammad Nasiruddin Al Albani, Les rites funéraires et leurs innovations, éditions librairie al ma’arif, 2006

- Mostami Brahami, les rites funéraires en Islam, éditions Tawhid, 2005



En premier lieu, il a été posé la question à Cheikh Abou ‘Abdir-Rahman Mouqbil ibn Hâdi al Wâdi’i,

Des gens dans ce pays se convertissent à l’islam mais ils ont des parents qui sont toujours non musulmans. Comment faire ? Et sa réponse est : il doit y aller et assister à l’enterrement avec eux, en raison de la preuve dans sunan Abi Dawud lorsqu’Ali est venu au Messager d’Allah ﷺ et lui a dit : « Ton oncle qui n'a pas reçu la guidance est mort. » Ainsi il lui a dit : « Va et enterre-le. » Il ('Ali) a dit : « Il est mort en tant que mushrik (polythéiste). » Il a dit : « Va et enterre-le. » Donc il est allé l'enterrer et il a dit : « Ne dis rien à moins que tu ne me le dises. » Donc il s'en occupa et ne dit rien. » Ali dit ensuite : « je suis allé l’enterrer. Ensuite je suis retourné auprès de lui avec des traces de sable sur moi. Il me demanda d’aller me laver et a fait pour moi des prières qui me sont plus précieuses que tout ce qu’il y a sur la terre. »


C’est l’avis d’un sheikh du minhaj salafi, en général ce sont les plus « rigoristes » sur ces questions-là donc le fait que même lui préconise qu’il est possible d’y assister, hadith à l’appui reste un bon indicatif.


Il a également ajouté :


Si le prêtre commence à faire un discours sur un sujet par exemple, parce que les chrétiens font (des déclarations) tout comme les gens de l'innovation ; Doit-il rester avec eux ou prendre congé ? Il répond : soit on est assez à l’aise pour partir, et on part. Soit on reste, mais on déteste cela fermement dans son cœur.


Au niveau des écoles juridiques, selon celle que le musulman suit, il existe une difficulté quant à l’idée de rentrer dans une église CATHOLIQUE ANCIENNE (les autres églises (catholiques mais récentes, protestantes) ne sont pas touchées par les divergences puisqu’il n’y a pas de représentations) en raison dans hadith de la prière faite dans un temple non musulman :


Umar Ibn Al Khattab a dit : « nous n’entrons pas dans vos églises à cause des représentations figurées qui s’y trouvent » et Ibn ‘Abbas priait dans tous les temples à moins qu’il n’y eût des représentations figurées »[1].

Ce hadith est dans le chapitre de la prière : c’est-à-dire qu’il n’est pas permis de PRIER dans une église où il y a une représentation. Ce qui n’est pas le cas d’une personne qui assiste à une cérémonie funéraire : elle ne vient pas prier. Tu te mets au fond et ne participe pas à la cérémonie (rester assis quand ils se lèvent, ne pas chanter, ne pas dire amen aux prières etc).


Comme dit Cheikh Abou ‘Abdir-Rahman Mouqbil ibn Hâdi al Wâdi’i, si tu te sens assez à l’aise pour ne pas entrer et rester en dehors, fais-le, sinon, il faut se mettre au fond et ne pas participer à cela.


On peut rentrer dans un lieu de culte étranger mais ne surtout pas participer à ce qui se célèbre.

Une fois la cérémonie passée, il y a le cortège funèbre.


On rapporte qu'Ibn Abbas fut informé qu’un musulman n'avait pas suivi le cortège funèbre de son père chrétien, il a alors dit : « Il fallait qu'il le suive et l'enterre. » L'Imam Nawawi a dit dans son livre intitulé Al-Madjmou‘ : « Il est permis au musulman de suivre le cortège funèbre d’un de ses parents mécréants. Quant au fait de visiter sa tombe : c'est permis selon la majorité des Oulémas. »


Mais là aussi, il n’est pas permis de prier avec les chrétiens (si le prêtre prie, on ne peut pas dire amen, on ne peut pas faire le signe de croix etc).


Un hadith rapporté par Abou Houreïra mentionne que le Prophète ﷺ a dit : « J'ai demandé à mon Seigneur de m'autoriser à implorer le pardon pour ma mère et Il ne me l'a pas autorisé. Je lui ai demandé la permission de visiter sa tombe et Il me l'a permis ». Ce hadith est rapporté par Muslim qui ajouta dans une autre version : « Alors visitez les tombes, car elles rappellent la mort »[2].


On ne prie pas pour le mort, on n’invoque pas pour le mort, mais on peut visiter la tombe.

Il n'appartient pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l'Enfer. (9,113)


C’est une obligation d’enterrer les morts, même les non-musulmans.

Il est permis au musulman d’assister à l’enterrement d’un non-musulman, si celui-ci est un proche mais il n’est pas permis de participer aux rites religieux spécifiques à leur religion. [3]


Cheikh Al Albâni dans son commentaire du hadith, dit « Il est institué que le musulman s’occupe de l’enterrement de son proche idolâtre, car cela ne l’empêche pas de détester l’idolâtrie. » Il ajoute : « Il me semble que l’enterrement du père ou de la mère idolâtre est la dernière façon de faire preuve de la bonne compagnie à leur égard. »[4]


Il est permis en cas de décès de leur présenter des condoléances comme il est permis de se rendre au chevet de leurs malades et de les consoler en cas de malheur.


D’après Anas, le Prophète ﷺ se rendit au chevet de son domestique juif malade[5].



 

NOTES :


[1] cité dans le sahih de Bukhari, tome 1, chapitre 54, page 279, editions maisons d’ennour (2016) [2] cette version se trouve dans le hadith n°2259, page 321 du sahih Muslim tome 2, des éditions Al Hadith, 2012 [3] Tiré du livre : les rites funéraires en Islam – Mostafa Brahimi - éditions Tawhid, page 51 et page 136, qui cite le cheikh Muhammad Sâlih Al Munajjid question 2278 du 2000-11-09, Ahkâm 88 [4] cheikh Muhammad Sâlih Al Munajjid question 10679 du 2003-02-14, tiré du commentaire de cheikh Al Albânî concernant ce hadith dans son livre As Salsila as sahîha n°161 [5] Cité par Bukhari, tome 1, hadith n°1356, éditions maisons d’Ennour, page 764.