ECOLOGIE : LE MANQUE DE PLUIE



"Il a fait descendre du ciel une eau, puis a fait sortir par son moyen toutes sortes de fruits comme nourriture pour vous" (Coran 2,22).


"Avez-vous considéré l'eau que vous buvez ? Est-ce vous qui l'avez fait descendre du nuage ou est-ce Nous ?" (Coran 56,68-69)


La précieuse eau manque. Les rivières, les fleuves, les lacs tarissent. Les fontaines ou les gorges que nous allions visiter il y a une dizaine d'années sont à sec. Certaines villes alertent : si la consommation d'eau ne baisse pas, dans moins d'un mois il n'y aura plus d'eau. Et des villes sont déjà à cours.


Nous attendons la pluie : mais avec ces sols si secs, le risque d'inondations est grand.


Que faire ? Etre anxieux ne résoudra pas le problème : nous devons êtres conscients et vigilants, mais surtout, prendre appui sur les sources religieuses que nous avons et les solutions qu'elles apportent.


EXEMPLE : LES PLAIES D'EGYPTE


Dans les 10 plaies d’Egypte, l’eau n’est plus potable : pendant une semaine, les habitants ne peuvent plus boire l’eau du fleuve :


« [...] et toutes les eaux du fleuve furent changées en sang. [...] le fleuve se corrompit, les Égyptiens ne pouvaient plus boire l’eau du fleuve [...] »

TORAH Exode 7,17


Le commentaire de Rachi nous explique que parce qu'il ne tombe pas de pluie en Égypte et que c'est le Nil qui, par ses crues, irrigue le pays.


Les Égyptiens se lasseront de chercher un remède qui rende à nouveau potable l'eau du fleuve. Les rivières d'eau courante, les canalisations servant à l'irrigation, les réserves d'eau stagnante, les établissements de bain ou les baignoires des maisons ont été vidés de leur eau.

(H’oumach avec Rachi, Chemot, editions Gallia, 2001)


D'après le commentaire de Rachi, Moïse a averti son peuple pendant les trois quarts d'un mois (environ trois semaines) et les a mis en garde. La plaie a duré un quart de mois soit 7 jours.


Depuis combien de temps nous alerte-t-on que la Terre épuise ses ressources et que des peuples manquent d'eau ?


Et Nous avons alors envoyé sur eux l'inondation, les sauterelles, les poux (ou la calandre), les grenouilles et le sang, comme signes explicites, Mais ils s'enflèrent d'orgueil et demeurèrent un peuple criminel.

Coran 7, 133


D’après le tafsir d’Ibn Kathir, des pluies torrentielles se sont abattues sur les cultures et les récoltes. Il fut constaté des morts en grand nombre. (Tafsir Ibn Kathir, tome 4, editions daroussalam, 2012, p147)


Les eaux submergèrent la surface de la terre avant de se maintenir ainsi, empêchant les égyptiens de cultiver la terre et provoquant de terribles famines.

Les égyptiens ne puisaient pas d'eau dans les rivières, ni les puits et les récipients sans y trouver du sang frais. Ils s'en plaignirent à Pharaon en lui disant : « nous sommes affligés par le sang et nous n'avons rien à boire ».


Pharaon leur dit : « Moïse vous a seulement ensorcelés ! » Ils se rendirent alors auprès de Moïse et lui dirent : « Moïse, implore ton Seigneur de nous débarrasser de ce sang, nous croirons alors en toi et nous laisserons partir les fils d'Israël avec to ». Mais lorsque Moïse vint évoquer Allah et qu'ils furent débarrassés du sang, ils ne crurent pas et ne laissèrent pas partir les fils d'Israël avec lui. (Tafsir Ibn Kathir, tome 4, editions daroussalam, 2012, p149)


Conséquences : Nous avons éprouvé les gens de Pharaon par des années de disette et par une diminution des fruits afin qu'ils se rappellent. (Coran 7,130)


LE SENS DE LA PLUIE


En islam, Saad ibn Sahl a rapporté un hadith selon lequel le Prophète ﷺ aurait dit: Deux choses ne seront jamais rejetées: l'invocation prononcée lors de l'appel à la prière (ou suite à cet appel) et celle dite quand il pleut. (Rapporté par al-Hakim dans al-Moustadrak (2534) et par at-Tabarani dans al-Mou'djam al-Kabir (5756) et jugé authentique par al-Alani dans Sahih al-Djaami (3078).


D’après Aicha (qu'Allah l'agrée), lorsque le Prophète ﷺ voyait de la pluie il disait : اللَّهُمَّ صَيِّباً نَافِعاً

(Rapporté par Boukhari (1032) et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Al Jami n°4725)


Et après la pluie, le croyant dit : Nous avons reçu la pluie grâce à la bonté d'Allah et Sa miséricorde. مُطِـرْنا بِفَضْـلِ اللهِ وَرَحْمَـتِه


Dans le judaïsme, les pluies en Europe sont considérées par les juifs comme le résultat des bénédictions adressées à Esaü : (Torah Genese 27,28 Que Dieu te donne de la rosée du ciel et des richesses de la terre, du blé et du vin en abondance!) Dans la Guémara, la prière de Rabbi Yéhouda est mentionnée : « Nous Te remercions pour chaque goutte que Tu nous as envoyés ».


Et Rabbi Yo’hanan conclut : « même si notre bouche était emplie de louanges, nous ne pourrions suffisamment Te bénir, Hachem notre D.ieu. Béni sois-Tu, Hachem, qui multiplie la reconnaissance ». Les commentaires indiquent que les pluies feront de l'Europe (le continent des descendants d'Esaü) un continent verdoyant; les habitants n'auront même pas besoin de les demander. Il est écrit dans le traité de Ta’anit : « Rabbi Yo’hanan a dit : le Saint béni soit-Il possède trois clés qui n’ont pas été remises aux mains d’un messager : la clé de la pluie, la clé de la vie et celle de la résurrection des morts ». Ces trois phénomènes - la pluie, la naissance et la résurrection des morts - ne se réalisent que grâce à la puissance divine.


Isaïe 55, 10-11 « La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »


Nous voilà assis au bord du puits avec la Samaritaine, et le Christ nous regarde et nous dit : « Si tu savais le don de Dieu ... » (Jean 4, 10). Isaïe écrit depuis une période tragique de l'histoire d'Israël où le peuple élu est en exil à Babylone, loin de Jérusalem, et où tout espoir semble perdu. Il s'emploie à raviver son espérance, sa foi en la promesse et en l'alliance. Par sa parole, Yahvé a ouvert à Israël les portes de la Terre promise, par la voix des prophètes il a annoncé sa libération. En cela, Isaïe nous rappelle d'abord la valeur performative du Verbe divin, qui fait advenir de manière directe ce qu'il proclame, comme la pluie féconde la terre. Dans les pays du Proche-Orient où l'eau est rare, elle est capable de faire refleurir, soudainement, des pays arides. (Marie-Helène LAFARGE, « La pluie fait germer la terre », La Vie, 08/07/2020)