CHAPITRE 37 : NOEL ET LE CALENDRIER JULIEN



Nous l'avons déjà vu ensemble, c’est le pape Libère qui a souhaité christianiser la date du 25 décembre où dans l’Empire romain on célébrait le solstice d’hiver (moment où la nuit a la durée la plus longue) qui coïncidait avec les saturnales – la fête du Sol Invictus –.


Nous sommes aujourd'hui le 7 janvier 2021 et certains chrétiens du monde orthodoxe célèbrent Noël. Comment cela se fait-il ? C'est tout simplement une histoire de calendrier. En effet, les Églises orthodoxes et certaines Églises catholiques de rites orientaux célèbrent le 7 janvier (dans le calendrier grégorien, qui correspond au 25 décembre dans le calendrier julien : 13 jours de différence). C’est donc la même date, car aujourd’hui, le calendrier civil dans le monde est le calendrier grégorien). C’est donc une erreur de parler du “Noël catholique” le 25 décembre et du “Noël orthodoxe” le 7 janvier. Certains orthodoxes célèbrent Noël, en effet, le 25 décembre, et certains catholiques le 7 janvier suivant la localisation de la communauté et donc de l'utilisation du calendrier.

Qu'est ce que le calendrier Julien ?


Aux premiers temps de Rome, la mesure du temps se fondait sur les cycles de la lune (celle-ci tourne autour de la Terre en 29 jours et demi environ). Au début, l'année comportait 304 jours répartis en dix mois inégaux de 30 ou 31 jours (Martius, Aprilis, Maius, Junius, Quintilis, Sextilis, September, October, November, December). Plus tard, il s'y est ajouté deux mois, Januarius et Februarius, de façon que l'année coïncide avec le cycle solaire et respecte le rythme des saisons.

L'année calendaire dérivait par rapport au cycle solaire et les Pontifes, qui réglaient à Rome les affaires religieuses, devaient affiner le calendrier en ajoutant tous les deux ans quelques jours supplémentaires. Ils usaient de ce privilège en fonction de leurs intérêts, pour allonger ou raccourcir le mandat des consuls, ces derniers étant élus pour une année non renouvelable.

En 46 av. J.-C., Jules César décide d'en finir avec les fantaisies pontificales. Il introduit un judicieux calendrier mis au point par l'astronome Sosigène d'Alexandrie. César impose une année de 365 jours divisée en 12 mois de longueur inégale.


Pour réduire l'écart entre l'année calendaire et la rotation de la Terre autour du soleil, on convient d'ajouter un jour au calendrier une fois tous les quatre ans. Ce 366e jour est introduit après le 24 février. Comme les Romains nomment les jours ordinaires d'après le jour important qui les suit, il est désigné par l'expression : sexto ante calendas martii (sixième jour avant les calendes de mars). Le 366e jour est en conséquence appelé bis sexto ante... D'où le nom de bissextile qui est encore donné aux années correspondantes !

Sur une proposition du Sénat de Rome, le cinquième mois de l'année (Quintilis) est renommé Julius (le nom s'est transformé en juillet dans notre langue) pour remercier Jules César d'avoir réformé le calendrier.


Plus tard, son successeur Auguste remet la réforme sur les rails. Il supprime les années bissextiles sur une période de 12 ans pour gommer un léger décalage entre le calendrier de son prédécesseur et le cycle solaire. Flatteur, le Sénat décide en conséquence de donner son nom au sixième mois de l'année (Augustus, qui devient août en français)... Mais dans le calendrier initial, ce mois avait 30 jours contre 31 pour Julius ! Afin de mettre César et Auguste sur un pied d'égalité, on enlève donc un jour à février pour le donner au mois d'août... et l'on attribue 30 jours au lieu de 31 aux mois de septembre (le septième mois dans l'ancien calendrier romain) et de novembre, ainsi que 31 jours au lieu de 30 aux mois d'octobre et de décembre.


Le calendrier julien dominera l'Occident pendant 16 siècles jusqu'à la réforme du pape Grégoire XIII.

En effet, sous la Renaissance, les astronomes s'aperçoivent que l'année calendaire dépasse l'année solaire de... 11 minutes 14 secondes. Le cumul de cette avance quinze siècles après la réforme julienne se monte à une dizaine de jours avec pour conséquence de plus en plus de difficultés à fixer la date de Pâques !


Grégoire XIII décide donc d'attribuer désormais 365 jours, et non 366, à trois sur quatre des années de passage d'un siècle à l'autre. Les années en 00 ne sont pas bissextiles sauf les divisibles par 400 : 1600, 2000, 2400... Cette modeste réforme ramène à 25,9 secondes l'écart avec l'année solaire (une broutille). Par ailleurs, le pape décide de rattraper les dix jours de retard du calendrier julien entre le 4 et le 15 octobre 1582.


La plupart des pays catholiques européens ont adopté le calendrier grégorien entre 1582 et 1584. La France l'a adopté en décembre 1582.


Du fait du grand schisme d'Orient, les pays orthodoxes ont refusé cette modification qui venait d'un pape, donc de l'Église catholique. Les instances religieuses de ces pays demeurent toujours fidèles au calendrier julien.


C'est pourquoi les fêtes ne se situent pas aux mêmes dates.

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