CHAPITRE 12 : UN MOT SUR SION


Les versets 2-3 du Psaume 87 disent : « La ville de Sion, l’Éternel l’aime plus que toutes les demeures de Jacob. On a dit sur toi des choses glorieuses, ville de Dieu ! »

Le terme « Sion « est employé plus de 150 fois dans la Bible et signifie « fortification ». Le mont Sion est une des collines de Jérusalem, située au Sud-Ouest de la vieille ville. Sion désigne divers lieux géographiques, tels que la forteresse des Jébuséens, la cité de David, le sanctuaire de l'Éternel, la montagne sainte de Dieu, la ville de Jérusalem.


La première mention « Sion » dans la Bible est en 2 Samuel 5.7 : « David s’empara néanmoins de la forteresse de Sion, c’est-à-dire la ville de David. » À l’origine, Sion était donc le nom de l’ancienne forteresse jébuséenne dans la cité de Jérusalem, qui en est venu à désigner toute la ville. Après que David se soit emparé de « la forteresse de Sion » elle fut appelée « la ville de David »

1 Rois 8.11

Alors le roi Salomon assembla près de lui à Jérusalem les anciens d'Israël et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des enfants d'Israël, pour transporter de la cité de David, qui est Sion, l'arche de l'alliance de l'Eternel.

Chroniques 11.5

Les habitants de Jebus dirent à David: Tu n'entreras point ici. Mais David s'empara de la forteresse de Sion: c'est la cité de David.

2 Chroniques 5.2

Alors Salomon assembla à Jérusalem les anciens d'Israël et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des enfants d'Israël, pour transporter de la cité de David, qui est Sion, l'arche de l'alliance de l'Eternel.

Quand Salomon a construit le Temple de Jérusalem, le nom de Sion s’est étendu au Temple et aux environs (Psaumes 48.2, Belle est la colline, joie de toute la terre, la montagne de Sion; Le côté septentrional, c'est la ville du grand roi).

Au fil du temps, ce nom a été employé pour la ville de Jérusalem, le pays de Juda et le peuple d’Israël dans son ensemble .

Ésaïe 40.9

Monte sur une haute montagne, Sion, pour publier la bonne nouvelle; Elève avec force ta voix, Jérusalem, pour publier la bonne nouvelle; Elève ta voix, ne crains point, Dis aux villes de Juda: Voici votre Dieu!

Jérémie 31.12

Ils viendront, et pousseront des cris de joie sur les hauteurs de Sion; Ils accourront vers les biens de l'Eternel, Le blé, le moût, l'huile, Les brebis et les boeufs; Leur âme sera comme un jardin arrosé, Et ils ne seront plus dans la souffrance.

Aujourd'hui, "sion" est toujours lié à Jérusalem, mais revers un sens théologique important : sion est utilisé au sens figuré pour désigner Israël en tant que peuple de Dieu. Le "sionisme" est donc l'idéologie du retour en Israël et de l'instauration d'un foyer national juif en Israël.

Ésaïe 60.14

Les fils de tes oppresseurs viendront s'humilier devant toi, Et tous ceux qui te méprisaient se prosterneront à tes pieds; Ils t'appelleront ville de l'Eternel, Sion du Saint d'Israël.

UN SIONISME CHRETIEN ?

Dans le Nouveau Testament, "sion" figure avec le sens chrétien de royaume spirituel de Dieu, la Jérusalem céleste

Hébreux 12.22

Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le choeur des anges,

Apocalypse 14.1

Je regardai, et voici, l'agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts.


Pierre fait référence à Christ comme la pierre angulaire de Sion : « Je mets dans Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse. Celui qui croit en elle n’en aura jamais honte. » (1 Pierre 2.6)

Conformément aux promesses bibliques à Israël qu’on trouve dans des passages comme Jérémie 32 et Ézéchiel 34,30 où les brebis seront enfin en paix, et "elles sauront que moi, l'Eternel, leur Dieu, je suis avec elles, et qu'elles sont mon peuple, elles, la maison d'Israël, dit le Seigneur, l'Eternel", les sionistes chrétiens, essentiellement évangéliques, soutiennent l’État juif d’Israël, considérant que le retour des Juifs dans la terre promise est l’accomplissement de prophéties. Les dispensationnalistes, surtout, le considèrent aussi comme un signe que nous sommes entrés dans les temps de la fin. Une dispensation est une manière de classer les choses, dans le domaine administratif, systématique ou de gestion. En théologie, ce terme décrit l’administration divine tout au long d’une certaine période ; chaque dispensation est une ère instaurée par Dieu. D’après la théologie dispensationnaliste, il y a deux peuples de Dieu distincts : Israël et l’Église. Les dispensationnalistes croient que le salut s’obtient depuis toujours par la foi : la foi en Dieu dans l’Ancien Testament et, plus spécifiquement, la foi au Fils de Dieu dans le Nouveau. Pour eux, l’Église n’a pas remplacé Israël dans le plan de Dieu et les promesses faites à Israël dans l’Ancien Testament n’ont pas été transférées à l’Église. Donc les promesses liées à Israël dont toujours d'actualité, et auront leur accomplissement final pendant la période de 1 000 ans annoncée en Apocalypse 20. Tout comme Dieu s’intéresse surtout à l’Église à notre époque, il s’intéressera de nouveau à Israël à l’avenir.

ET CHEZ LES RASTAFARIS ?

Zion est employé, par les Rastafaris principalement, pour décrire une sphère spirituelle saine, comme le paradis sur Terre. Symbole d'unité, de paix et de liberté en opposition à Babylone, symbolisant l'oppression du monde occidental lorsqu'il s'avère despotique. Géographiquement, le terme fait référence à la Terre Promise, une promesse qui désigne aujourd'hui le périmètre autour de l'Éthiopie, et plus généralement le continent Africain.

« Un matin lumineux quand mon travail sera fini, je volerai vers ma maison, volerai vers ma maison à Sion… »


Ces paroles de Bob Marley, extraites de Rastaman Chant (1972), ou celles de son fils Damian Marley dans Road to Zion (2005) exaltent le « retour en Afrique », un mythe qui structure le rastafarisme. Mais il s’agit avant tout d’un mouvement religieux et philosophique, qui s’inscrit dans les traditions des esclaves dont les ancêtres furent déportés du continent noir vers les Amériques. Très tôt, ces exilés noirs sublimèrent l’Afrique, fantasmèrent l'Afrique, et de génération en génération se construisirent des mythes.

Genèse 2,13 Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn, il contourne tout le pays de Kush.

Les anciens termes pour qualifier l'Afrique noire et plus précisément l'Éthiopie sont assez vagues et varient suivant les périodes. L'un des premiers termes apparu est celui de Nubie qui désignait toutes les terres connues au sud de l'Égypte (actuels Soudan, Éthiopie, Érythrée, Somalie et Djibouti) mais celui qui est principalement utilisé dans la Bible est pays de Kush (ou Coush), qui était le nom donné à la Nubie par les Égyptiens. Les Grecs quant à eux l'ont qualifiée d'Aithiopia, terme qui vient de Aithiops qui signifie « visages brûlés ». Au début de l'ère chrétienne fut fondée la ville d'Aksoum (ou Axoum) dans le nord de l'Éthiopie actuelle qui s'imposera sur une partie de la corne de l'Afrique ; au IVème siècle son emprise militaire s'étendra de l'Érythrée à Méroé, dernière capitale du royaume de Nubie dit aussi royaume de Méroé, et même en 525 jusqu'en Arabie. Après la chute du royaume d'Aksoum au Xème siècle, la région fut appelée Abyssinie et était divisée en plusieurs royaumes. Ce n'est qu'en 1889, au début du règne de Ménélik II que l'Abyssinie prendra définitivement le nom d'Éthiopie .

Christianisés, l’Éthiopie – entendue au sens d’Afrique dans la Bible – était selon les esclaves le lieu d’origine des Afro-Américains. En effet en Europe, l'utilisation de la Malédiction de Cham biblique, comme justification de l'infériorité des peuples noirs et de la licéité de l'esclavage apparait au XVIIe siècle. Il semblerait que la première apparition réelle du mythe ait eu lieu dans les milieux protestants de Hollande. Ainsi, Georg Horn, en 1666, serait le premier à avoir proposé à l'Université de Leyde une classification des races selon le modèle proposé par la Genèse de la descendance de Noé.

De même, quelques années plus tard en 1677, Jean Louis Hannemann, s'appuyant sur un commentaire de la Genèse de Martin Luther, évoque dans un exposé fondamentaliste Curiosum Scrutinium nigritudinis posterorum Cham i.e. Aethiopum, le fait que les Éthiopiens sont devenus noirs et esclaves à cause de la Malédiction de Cham. La malédiction de Cham est en lien avec l'histoire biblique de Noé, qui un jour s'est endormi ivre. Son fils Canaan l'a vu, s'est moqué, a appelé ses frères, et quand Noé a découvert cela, il a décrété : 


Genese 9,26 Il dit encore: Béni soit l'Eternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave!27 Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave!


Psaume 68,32 :

Depuis l'Égypte, des grands viendront, Kush tendra les mains vers Dieu.

Enfin il est dit que l'Afrique est une terre bénie par Dieu et qu'elle aura de grands rois. Ce verset est très important dans la doctrine rasta et dans l'éthiopisme dit aussi éthiopianisme. Ce courant accordant un rôle divin à l'Éthiopie est arrivé en Jamaïque en 1784 avec le pasteur George Liele (1750-1820) ; il a eu une grande importance auprès des descendants d'esclaves car il montrait les nombreuses références à l'Afrique, appelée pays de Kush, dans la Bible ce qui prouvait que les Noirs avaient joué aussi un rôle dans le christianisme.

En 1896, le mythe éthiopianiste construit aux Amériques se concrétisa géographiquement quand l’Éthiopie s’affirma comme le seul État indépendant d’Afrique noire après avoir battu le colonisateur italien. Le sacre de l’empereur d’Éthiopie Hailé Sélassié Ier en 1930 accéléra le mouvement qui liait l’Éthiopie aux mobilisations politiques afro-américaines.


Tout cet imaginaire se cristallisa notamment dans le mouvement rasta. Celui-ci émergea depuis la Jamaïque sous la forme d’une galaxie d’organisations fédérées par une inspiration biblique commune. Elle fait des Noirs les enfants d’Israël et d’Hailé Sélassié un Messie. Elle impose divers interdits alimentaires. Elle soutient une volonté forte d’échapper aux discriminations, et fait une référence constante au retour. L’Afrique est la Terre promise, Sion, diamétralement opposée à cette Babylone qu’est l’Occident. Cette aspiration au retour rejoint, à partir des années 1960, la nécessité ressentie par l’Éthiopie de se renforcer en encourageant l’établissement de populations qualifiées venues de l’étranger. C’est ainsi que s’établit une communauté rasta à Shashemene, ville située à 250 kilomètres au sud de la capitale Addis-Abeba, sur 200 hectares de terre donnés par Hailé Sélassié.

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